Le passage obligé du bon interne: lire religieusement le magazine H!

   
    
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Gériatrie

COMMENT PEUT-ON ETRE GERIATRE?

Tous ceux qui sont passés dans des services où la visite patronale n’entre pas dans la chambre du vieux se posent la question. Surtout s’ils ont vu le vieux perdre la tête et la marche en quelques jours d’hospitalisation ! Par contre, ceux qui ont eu la chance de passer dans un service où la personne âgée est respectée et soignée avec attention ont vu la différence. Ici, pas de barrière, pas de contention, pas de couche, c’est la règle de base. Quel que soit son MMS, la personne a le droit à la parole. Les patients déments qui suivent la visite, assistent au staff infirmier ou vous
embrassent le matin font partis du décor. Les familles inquiètes aussi. Il faut le voir pour le croire!

Alors pas d’hésitation : quelle que soit la spécialité que vous envisagez, vous ne perdrez pas votre temps en passant 6 mois en gériatrie.


Pourquoi être gériatre?

Une démarche diagnostique et thérapeutique exigeante : Les patients les plus âgés ont souvent plusieurs pathologies concomitantes, l’une décompensant l’autre. Les signes cliniques sont souvent moins francs que chez des patients plus jeunes. La démarche diagnostique est d’autant plus difficile que les examens complémentaires ne sont pas tous anodins, et qu’il importe donc de les choisir soigneusement. La prise en charge doit être rapide car ces patients fragiles peuvent s’aggraver rapidement. Une fois le diagnostic fait, pas question d’appliquer bêtement le traitement standard : le rapport bénéfice-risque de chaque intervention doit être pesé au regard des comorbidités, de l’espérance de vie et de la qualité de vie. Le bon sens est de rigueur.

Un travail en équipe multidisciplinaire pour une prise en charge globale : un gériatre n’est rien sans une équipe soignante : ce sont les infirmiers et les aides-soignants qui vont prévenir la perte d’autonomie ou la confusion secondaire à l’hospitalisation. Veiller à la cohésion de l’équipe est essentiel. Assistante sociale, kinésithérapeute, diététicienne, et pour les plus chanceux psychologues, orthophoniste ou ergothérapeute, tout le monde doit travailler ensemble.

Un questionnement éthique permanent : Comment respecter la volonté de rester au domicile d’un patient dément ? Quels risques sommes-nous prêts à prendre pour cela ? Quand commence l’acharnement thérapeutique ? Des questions quotidiennes, face à des familles en souffrance, et à des patients qui sentent leur liberté leur échapper. L’accompagnement de patients présentant des troubles cognitifs, et la proximité de la mort, impose une réflexion éthique. Le rôle du médecin est souvent ici de rendre audible et de faire respecter dans la mesure du possible la parole du patient.


Le quotidien du gériatre :

Travailler dans un service d’urgence, dans un service de gériatrie aiguë, dans un moyen séjour, dans une équipe mobile, en consultation, tout est possible. Depuis la dernière canicule, des postes s’ouvrent un peu partout à l’hôpital. Hors hôpital, peu de gériatres sont pour l’instant installés en ville. Les maisons de retraite ont leur « médecin coordinateur ».

Dans les services hospitaliers aigus, les patients arrivent soit par les urgences, soit directement  par leur médecin traitant, souvent pour « chute » ou « altération de l’état général ». Ils ont plus de 80 ans, sont polypathologiques et souvent en perte d’autonomie. Le pronostic vital est parfois engagé et les situations d’urgence fréquentes. A nous de faire l’enquête diagnostique, en appelant la gardienne ou le petit-neveu, et toujours le médecin traitant, pour glaner quelques informations. Infectieux, cancéro, cardio, neuro, gastro, toutes les spécialités s’invitent. On évalue dans le même temps la possibilité et les conditions d’un retour à domicile. Sans négliger de répondre avec disponibilité et pédagogie à l’angoisse des aidants.


LE CURSUS


Il s’agit d’un DESC de type 2, c’est à dire qu’on fait de la gériatrie après une autre spécialité. Cela ne rallonge pas la durée totale de l’internat. Ce DESC est « qualifiant », ce qui implique qu’on exerce au décours soit la médecine générale ou toute autre spécialité, soit la gériatrie.
Les cours de DESC durent 3 ans (s’inscrire 1 ou 2 ans avant la fin de l’internat), et il faut avoir validé au total 6 stages « agréés», dont au moins 3 avant la fin de l’internat, et au moins 3 de gériatrie au total.

La maquette de médecine interne permet une grande liberté dans le choix des stages, et semble donc assez adaptée, du moins pour ceux qui sont prêt à faire 5 ans d’internat. D’autres choix sont possibles : neurologie, cardiologie, rééducation ou n’importe quelle spécialité médicale. Des internes de santé publique ou de psychiatrie peuvent aussi s’inscrire. Les DES de médecine générale forment actuellement la majorité des étudiants en DESC, mais ils ont parfois dû affronter
l’hostilité de leurs professeurs de médecine générale, ou la réticence de certains doyens à les nommer sur des postes de CCA même vacants. Des discussions sont en cours au ministère pour savoir quels stages d’interne seront considérés comme « agréés » (urgence, praticien ?), et la situation est donc assez floue. Certains sont obligés de prolonger de 6 mois leur internat. Bref, renseignez-vous auprès de votre coordinateur régional ou du coordinateur national (Pr Jeandel, à Montpellier), car des changements sont à prévoir.

Ne vous découragez pas, il y aura de toute façon besoin de généralistes formés à la gériatrie dans les hôpitaux !


MAQUETTE: 6 SEMESTRES

– Trois semestres (dont deux en post-internat) dans des services de gériatrie ;

– Trois semestres dans des services validant pour le DESC de gériatrie dont si possible un de médecine interne.

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